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Approches et projets

Politique d’appui de Misereor  

  1. Créer et renforcer des groupes d’entraide mutuelle comme groupes d’épargne et de crédit informels et traditionnels ;
  2. Aider les groupes d’épargne et de crédit à se rattacher aux banques ;
  3. Constituer et appuyer des  IMF (Institutions de microfinance) ;
  4. Développer une infrastructure financière ;
  5. Valoriser l’échange d’expériences entre les IMF et leur mise en réseau et appuyer les prestataires de services aux IMF.

 

C’est ainsi que nous aidons les traditionnels clubs d’épargne et de crédit en Inde et soutenons leurs structures et leurs compétences pour les rendre « bancables » (c’est à dire susceptibles d’accéder au système bancaire) et leur permettre de se rattacher aux banques formelles. L’appui d’une organisation informelle d’épargne et de crédit à Delhi, autogérée par des enfants des rues, est un autre exemple de notre action dans ce domaine. CERUDEB en Ouganda et Purba Danarta en Indonésie qui avaient bénéficié, avec succès,  de l’appui de Misereor durant la phase de démarrage sont devenues, à l’heure qu’il est, de grandes banques bien établies. Au Cameroun, Misereor encourage, en coopération avec la banque coopérative à caractère commercial, Afriland First Bank, la création de microbanques rurales (voir exemple de projet). Une autre approche est de créer et d’appuyer des réseaux nationaux (p. ex. en Indonésie et au Laos) et suprarégionaux (ACCU en Asie, MAIN en Afrique) d’IMF, qui, en tant que prestataires de services, proposent aux institutions partenaires des programmes de formation et de qualification importants (formation continue sur la gestion et les techniques bancaires, le développement des produits etc.) et font aussi un travail de lobbying pour adapter le cadre législatif et réglementaire national aux besoins des IMF.


Priorités d’appui
A l’heure actuelle, les axes d’intervention prioritaires de Misereor sont les suivants :

  • Création et renforcement de groupes d’épargne et de crédit de pauvres dans le but de les rendre durablement « bancables ».
  • Rattachement de ces groupes (informels) aux IMF formelles.
  • Appui au développement et à la mise en œuvre de nouveaux services financiers innovants et répondant aux besoins du groupe-cible, tels que produits d’assurance et de transfert d’argent.
  • Formation aux techniques financières et commerciales, assistance-conseil de groupes-cible déterminés, tels que les micro-entrepreneurs ou les créateurs d’entreprise, pour leur permettre d’avoir accès aux services financiers et d’en faire le meilleur usage possible.
  • Mobilisation de ressources financières locales (p.ex. par le biais de banques) pour les programmes de microfinance.
  • Echange d’expériences des IMF au niveau suprarégional et mise en réseau, notamment des petites structures.
  • Plaidoyer/lobbying pour améliorer l’environnement politique et socio-économique.
  • Mise à disposition de fonds de microcrédits uniquement dans des cas extrêmement spécifiques.

 

Aujourd’hui, de plus en plus d’organisations nationales et internationales de refinancement et de participation contribuent à la dotation en capital des programmes et institutions de microfinance. Misereor se concentre donc de plus en plus, en toute connaissance de cause, sur les programmes visant à renforcer les capacités et de moins en moins sur l’appui à la dotation en capital (p. ex. mise à disposition d’un fonds de crédit). Au fond, c’est la qualification et le professionnalisme du personnel et des cadres qui font le succès ou l’échec d’un programme de microfinance. Misereor mise donc avant tout sur les compétences fondamentales de ses partenaires et tente, le cas échéant, de les développer.

Il est aussi essentiel d’aider les partenaires à concevoir et mettre en œuvre de nouvelles approches et de nouveaux instruments d’appui. Tous ces aspects techniques ne doivent pas faire oublier l’objectif numéro un de Misereor qui est d’améliorer durablement les conditions de vie et les perspectives des pauvres. C’est de cet objectif que dépend le succès ou l’échec d’un projet de microfinance. Différents indicateurs aident à mesurer les performances d’un projet en fonction de cet objectif, tant au niveau de l’institution qu’à celui de la clientèle cible. Avant de soutenir un projet, Misereor demande aux structures de mise en œuvre de s’engager à déterminer et enregistrer de tels indicateurs.


Le microcrédit, à lui seul, ne suffit pas !


Au vu de ses connaissances acquises par l’expérience, Misereor revoit et adapte en permanence ses stratégies et critères d’appui dans le secteur de la microfinance. La politique actuelle d’appui tient compte des expériences et réflexions suivantes:

Misereor appuie depuis de longues années des programmes de microcrédits, conçus en général comme des fonds de rotation financièrement viables, mais a renoncé, suite à de mauvaises expériences, aux programmes de prêts isolés. Depuis quelques années, Misereor est de plus en plus sensible à la nécessité de permettre aux pauvres d’accéder durablement à une vaste gamme de services financiers. En général, les programmes de prêts isolés ne répondent pas à ces critères. Le crédit est un service financier important certes, mais tout à fait insuffisant pour soutenir l’autopromotion et l’autoresponsabilité. Pour les pauvres, il est plus important d’avoir des produits d’épargne sûrs et adaptés à leurs besoins. Dans certains contextes, il peut s’avérer que l’encouragement à l’épargne est la seule approche responsable pour éviter l’endettement des pauvres.

Les crédits ne doivent pas non plus être bon marché. Pour les pauvres, il est bien plus important de pouvoir accéder aux services financiers de manière souple, sans lenteurs ni lourdeurs administratives. L’octroi de crédits à moindre coût, parce que subventionnés, fausse et perturbe le développement d’un marché financier viable pour les pauvres. Il est donc indispensable que les services financiers soient offerts aux conditions du marché financier local (le cas échéant informel). Misereor ne soutient donc aucun programme susceptible d’entraver les initiatives du secteur privé pour développer des services financiers adaptés aux besoins des pauvres.

Une action sans lendemain ne serait d’aucune utilité, c’est sur le long terme qu’il faut miser. Un micro-entrepreneur, plus que quiconque, a besoin de pouvoir accéder en permanence à des services financiers comme par exemple des crédits pour financer ses moyens de production. Pour assurer l’accès durable du plus grand nombre à ces services, la viabilité financière des programmes ou institutions doit être assurée, ce qui n’est possible qu’en tenant compte de critères économiques et institutionnels.

Même si le crédit est un service financier important, il faut veiller à ce que les plus pauvres ne tombent pas dans le piège de l’endettement. La solvabilité du groupe-cible est donc une condition préalable incontournable. En cas de solvabilité insuffisante, il faut commencer par mettre en place des mécanismes permettant de la développer. C’est ainsi que dans certains contextes, par exemple là où l’économie de subsistance prédomine, la seule approche responsable est d’encourager les gens à épargner et à gérer leur argent.  

Tous les services financiers doivent être offerts aux conditions du marché financier local. La priorité est d’aider les IMF à générer des ressources internes et locales, ce qui renforce l’autopromotion et l’autoresponsabilité, constitue un facteur de croissance important et favorise l’intégration dans le marché financier formel.

L’octroi de crédits subventionnés nuit au développement, pourtant indispensable, d’un système de microfinance viable faisant partie intégrante du système financier. Le fait de ne pas subventionner les services financiers eux-mêmes n’empêche pas de subventionner, et ce, à juste titre, la création de structures susceptibles d’offrir des services financiers durables. Dans ce contexte, il est important de définir clairement, dès le début, un scénario de sortie.  

Les services financiers adaptés aux besoins des pauvres constituent un enjeu important dans la mesure où ils permettent aux pauvres, pour la première fois, d’accéder à des ressources financières et d’investir dans des micro-entreprises et le social. La microfinance qui peut faire l’objet d’approches d’appui très variées, allant du « développement d’une infrastructure financière » à « l’apprentissage de la gestion d’un budget »,  est un formidable défi pour Misereor et ses partenaires locaux. Misereor a différentes approches qui dépendent de spécificités locales, telles que le paysage financier, le groupe-cible et les compétences des partenaires, tout en étant axées sur le respect de critères essentiels : gouvernance et structure de l’actionnariat favorables aux pauvres, constitution de ressources locales. Dans la politique d’appui, les approches suivantes ont fait leurs preuves en contribuant, chacune à sa façon, au développement de la microfinance :


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